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Janvier 2002

LA POTERIE ARCHEOLOGIQUE

L'histoire post-néolithique débute avec l'apparition des métaux. Les datations paléo-métallurgiques situent provisoirement l'apparition des techniques de production du fer autour de 400 BC soit le Vème siècle avant J-C sur les sites de Bena et Douroula localisés de part et d'autre de la boucle du Mouhoun (ex volta noire). La céramique est présente sur tous les sites de l'âge du fer et on assiste à une intensification de la production dont témoignent la variété des formes et la diversité des fonctions. Ce sont des sociétés sédentaires vivant principalement de l'agriculture, de la pêche et accessoirement du petit élevage.

Outre l'utilisation domestique pour la conservation et la cuisson des aliments, la céramique sert aussi au stockage,
sous forme de jarres greniers, des denrées agricoles et des produits de la cueillette . Les témoins archéologiques les plus anciens remontent au premier millénaire de notre ère.
 
Jarresgreniers contemporaines
- Guelwongo- province du Nahouri
Figure 4 : Céramique
archéologique de Kawara datée du Ier millénaire après JC

Jarre-grenier découverte sur le
site de Oursi

La poterie domestique


La céramique domestique découverte sur les sites post néolithiques témoigne de certaines innovations apparues au cours des temps historiques. L'éventail élargi des récipients traduit la spécialisation dans les techniques et la pluralité des centres de production. La multiplication des fonctions apparaît dans la pluralité des formes. Des éléments additifs tels que les anses, les tenons, les couvercles et les trépieds ou les poteries à fonds troués traduisent des différenciations fonctionnelles.
La variété des décors constitue aussi une innovation dans la céramique d'époque historique. La cannelure et le décor à la roulette, l'impression digitale et à la natte et l'engobe apparaissent sur certaines céramiques archéologiques datées du cours du 1er millénaire de notre ère . La céramique à col étiré relève des influences extérieures.

La céramique archéologique des sites d'Oursi et de Saouga au Sahel, datés du Ier millénaire après JC témoigne des évolutions techniques, morphologiques et de la variété des décors. Il en est de même à Kawara (fig.4) à l'ouest du pays.

Les jarres greniers

Les vestiges d'un habitat compartimenté à Oursi daté du Xiè siècle comportent des jarres greniers. On a découvert à l'intérieur de ces jarres des restes de provisions alimentaires composés de petit mil, de sorgho et de haricots carbonisés. Ces greniers meubles en argile crue ont été brûlés lors de l'incendie qui a occasionnél'abandon du site.

La tradition de confection des jarres greniers s'est maintenue dans certaines sociétés du Burkina Faso. On trouve ainsi des jarres greniers chez les Kurumba de Pobé Mengao, héritiers du royaume du Lurum . Les femmes Nankana de Guelwongo en pays « gurunsi » gardent jalousement leurs greniers meubles qu'elles se transmettent encore de nos jours comme héritage familial. Dans les sociétés du sud ouest, il existe aussi des greniers-meubles, chez les Dian et les Lobi.
Les dimensions de ce mobilier varient d'au moins entre 50 cm et 150 cm de hauteur et l'épaisseur des parois dépasse souvent les 5 cm. Le décor incorpore des éléments anthropomorphes, zoomorphes ou fait appel à la cosmogonie. De par leur forme et leur fonction, les jarres greniers diffèrent de la céramique funéraire dont témoignent plusieurs sites archéologiques de fouilles datés au Burkina Faso.