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LA
CHAINE OPERATOIRE de la POTERIE
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Les carrières
L'exploitation
de l'argile des mares et des cours d'eau à ciel ouvert
est plus répandue au Burkina Faso que celle issue de l'extraction
des carrières. Ces lieux d'extraction sont en général
peu éloignés mais certaines carrières peuvent
se situer parfois à près de dix kilomètres
du lieu de production artisanale de la poterie. Les aspects religieux,
notamment les sacrifices propitiatoires qui sous tendent les activités
de production céramique ont peut-être contribué
au faible niveau de recherche de nouveaux sites d'extraction de
l'argile. Les traditions orales attestent de l'utilisation pluri-centenaire
de la majorité des carrières d'argile.
Les moyens de transport restent les paniers en matière
végétale ou les assiettes métalliques portés
sur la tête. L'utilisation de la charrette à traction
asine se répand lentement pour cause de son coût
élevé. L'argile ainsi parvenue à l'atelier
peut être mis en séchage ou directement mouillée
en fonction des qualités des constituants physico-chimiques.
L'atelier
L'atelier
occupe souvent un espace réduit de l'enceinte résidentielle
ou une pièce de l'habitation quotidienne. Les artisans
qui façonnent à l'aide d'un moule concave, construisent
des cases spécialement aménagées avec des
cavités sphériques de différentes dimensions
creusées dans le sol ou dans une masse d'argile. Dans les
ateliers où l'on façonne en colombinage, on trouve
comme équipement mobilier, des fragments de meules, des
fonds et des bords de vieilles céramiques en guise de support
au façonnage. Cet équipement traditionnel s'est
enrichi dans certains ateliers avec l'introduction du tour métallique
dans le dispositif de façonnage.
La
préparation de la pâte d'argile
La
préparation de la pâte d'argile destinée au
façonnage des poteries constitue une étape importante
puisqu'il s'agit de lui conférer des caractères
qualitatifs à même de réduire le taux d'échec
lors du séchage et de la cuisson des poteries. Les qualités
physico-chimiques des argiles ont conduit les potières
à adopter différentes techniques de traitement de
la pâte argileuse. Dans certaines régions, on mélange
deux ou plusieurs types d'argile tandis qu'ailleurs, la pâte
est préparée à partir d'un seul type d'argile.
Certaines potières, après l'extraction de l'argile,
la font sécher pour réduire le taux d'humidité.
L'argile séchée est ensuite pilée et tamisée,
soit avec des tamis faits de fibres végétales, soit
avec des tamis métalliques. L'argile ainsi débarrassée
des impuretés (sable, gaillettes de mica, petits galets
de quartz, fragments de calcaire, débris végétaux)
est mouillée pendant toute une journée et/ou une
nuit, avant d'être pétrie.
Parfois, l'argile issue des carrières est directement mouillée
pour la préparer au pétrissage. Le choix des techniques
de traitement de l'argile dépend donc de ses constituants
physico-chimiques issus du milieu de sédimentation.
Le pétrissage
et les dégraissants
Cette
opération est capitale puisque que c'est au cours du pétrissage
que les dégraissants divers sont ajoutés à
la pâte pour bien mélanger les éléments
plastiques et non plastiques. Les dégraissants peuvent
être d'origine minérale ou végétale
ou encore des déjections d'animaux (crottins d'âne
ou de boeuf). Le dégraissant le plus répandu chez
les potières du Burkina est la chamotte, constituée
de tessons de vieilles poteries broyées en poudre. Quelques
potières utilisent, à
la place de la chamotte, des scories réduites
en poudre
Certains potiers effectuent le pétrissage avec les mains,
d'autres avec les pieds ou les utilisent alternativement.
Le façonnage
On
peut distinguer au moins trois types de façonnage avec
des variations techniques, surtout dans le dispositif servant
de support à la céramique en cours de fabrication
et les instruments employés : le moulage, le colombinage
et le modelage. Certaines potières combinent parfois deux
techniques lors du façonnage des poteries.
Le moulage
Le
moulage peut s'effectuer avec un moule concave ou avec un moule
convexe. Le moule concave peut être fixe ou mobile. Le moule
fixe est une cavité sphérique creusée soit
directement dans le sol soit dans une masse d'argile séchée.
Dans ce dernier cas, il se présente comme un disque à
fond concave. La technique consiste à aplatir à
la main l'argile façonnée en forme de disque épais.
L'artisan fait tourner le disque d'argile qui devient de plus
en plus mince et s'étend en forme de calotte sphérique.
Il ajoute du sable à la surface de la cavité pour
la rendre glissante. Lorsque le fond et la panse de la poterie
sont ainsi construits, on la laisse sécher. Le bord et
la lèvre se font avec des boudins d'argile qu'on lisse
en y ajoutant de l'eau en en frottant le bord avec une feuille
d'arbre ou la cosse d'un fruit. Certains emploient un chiffon
ou d'autres instruments pour lisser le bord.
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Le
façonnage à l'aide d'un moule convexe se fait
sur le fond d'un fragment de poterie renversé. Cette
technique sert à façonner uniquement le fond
du pot ou un bol à ouverture très large.
Le colombinage
Le
colombinage, s'est la superposition de colombins ou boudins
en vue du façonnage d'une poterie.
Le dispositif technique du colombinage utilise toujours un
plateau, généralement le fond d'un vieux canari
sur lequel on forme la poterie. Certaines potières
utilisent une assiette de métal émaillée.
L'ensemble du dispositif tourne, ce qui permet à la
potière de monter les colombins tout en étant
assise. Lorsqu'il s'agit de grandes jarres, elle est obligée
de tourner autour de la poterie pour monter les colombins.
L'argile est roulée en boudins en forme de fuseau.
Le montage s'effectue par le pincement des colombins entre
le pouce et l'index de la main droite, tandis que la main
gauche servant de pression externe est placée entre
le premier stade et le support. Après quelques superpositions
des boudins, les jointures sont effacées à l'intérieur
et à l'extérieur par lissage.
Le modelage
Cette
technique concerne les récipients de petite dimension.
La potière creuse l'intérieur de la masse d'argile
à l'aide des mains ou avec des coups de poings. La
mise en forme se fait par étirement et par amincissement
dans un mouvement circulaire jusqu'à obtenir une forme
grossière qui sera affinée par la suite. La
main gauche fait tourner le dispositif mobile et la main droite
régularise l'intérieur de la poterie. Après
un léger séchage le bord est façonné
par des boudins comme le colombinage.
Le lissage
Le
lissage consiste à égaliser la surface d'une
poterie encore humide. Les lignes de superposition des colombins
sont supprimées et les parois internes et externes
sont régularisées à l'aide de divers
instruments. Une large feuille d'arbre, une cosse de fruit
ou la limbe de maïs sont utilisés dans l'opération
de lissage. Certaines potières emploient aujourd'hui
la face externe d'une cuillère métallique. Cette
opération prépare la surface extérieure
de la poterie à la décoration.
La décoration
Le
décor en relief est très répandu dans
la céramique ethnographique du Burkina Faso. La très
grande variété des décors témoigne
de l'ingéniosité des potières dans la
combinaison des motifs. Au delà de l'aspect esthétique,
le décor constitue une marque d'atelier. Des signes
distinctifs permettent ainsi aux potières de reconnaître
leur production au sein d'un ensemble de poteries lors de
la cuisson collective. Le décor devient une marque
de propriété, une sorte de label. Il s'effectue
en général lorsque la surface externe est encore
humide. On rencontre quelques rares décors internes
à l'intérieur de la lèvre de la poterie.
Les instruments de décoration varient selon le motif
recherché. L'usage de la paille tressée ou du
fil de coton tressé, du bracelet torsadé en
laiton est commun à beaucoup de potières. L'épis
de maïs égrené ou un morceau de bois gravé
permet d'obtenir d'autres motifs décoratifs. Le ressort
métallique de cycles est de plus en plus employé
dans la céramique contemporaine.
Parmi toutes les variétés des décors,
la technique de l'impression effectuée au peigne fileté
ou à la roulette est la plus répandue et la
plus ancienne. Le décor incisé ou en chevrons,
présent sur la céramique archéologique
perdure dans la céramique ethnographique. La moulure
et le décor piqueté apparaissent comme des innovations.
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Extraction de
l'argile dans une carrière |
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Atelier d'apprentissage
/ Moulage |
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Ingrédients de la poterie
(dégraissants)
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| Pétrissage
à l'aide des pieds, à l'aide des mains et préparation
de la chamotte |
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Le moulage |
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Le colombinage |
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Le modelage |
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Le lissage |
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La décoration |
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Cuisson à
l'air libre |
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Four traditionnel |
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| Four
moderne |
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La
cuisson
Parmi
les techniques traditionnelles de cuisson des poteries, celle
réalisée en tas, à l'air libre, généralement
à la périphérie du village reste la plus
répandue. A quelques variantes près, cette pratique
est demeurée immuable. Les poteries soigneusement rangées
sont recouvertes par de gros tessons. Le combustible recouvre
l'ensemble des poteries à cuire. Après la mise
à feu, les potières expérimentées
exercent une surveillance permanente en attisant le feu selon
le degré de cuisson voulu. Pour obtenir la teinte noire,
les potières aspergent les récipients de décoctions
de gousses de Néré (Parkia biglobosa), préalablement
bouillies.
La cuisson pratiquée dans le four traditionnel est
employée dans certaines régions du Burkina Faso.
L'emploi du four traditionnel est une innovation mais encore
peu répandue. Le four se présente sous la forme
d'une construction circulaire à toit ouvert. Des évents
au niveau du sol servent à allumer le feu et à
extraire la cendre. La capacité de charge de ce dispositif
est moindre que la cuisson à l'air libre mais il permet
un meilleur contrôle des flammes et préserve
les potières des émanations de la fumée.
Le four moderne à toit conique est une innovation très
récente dont l'emploi reste encore limité à
quelques villages dont les potières ont suivi une formation
dans des ateliers spécialisés. La capacité
de charge varie selon les dimensions de la construction. Les
avantages du four moderne son l'utilisation en toute saison,
l'économie du combustible et la préservation
des potières des brûlures.
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