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Janvier 2002
LA POTERIE AU BURKINA FASO

Les études archéologiques et ethno-archéologiques sur l'art céramique sont encore peu nombreuses et éparses.
Une synthèse de l'histoire de la céramique au Burkina Faso permettant de définir les premiers centres de production et les divers axes de diffusion reste à établir.
On peut néanmoins esquisser les grands traits de l'histoire de cet artisanat dont les origines remontent aux cultures pré-néolithiques.


La poterie prénéolithique


Les données archéologiques actuelles situent l'apparition de la poterie au Burkina Faso dans un contexte prénéolithique, dépourvu des indices d'une économie de production. Les datations radio-métriques obtenues sur les sites de Pentenga, Maadaga et Yobri (fig.1) dans l'extrême Sud Est du pays en zone de savane remonte à 2000 BC pour les plus anciennes céramiques associées à des microlithes. Elles contredisent la thèse diffusionniste de son introduction à partir du Sahara vers la forêt à travers le Sahel et la savane.


La poterie néolithique

La céramique accompagne le processus de néolithisation dans le Sahel burkinabé. Le second niveau du site RIM (RIM II) dans le Yatenga daté de 1650 BC contient des fragments de céramique associés à des céréales comme le mil (pennisetum), les pois de terre (voandzeia subterranéa), du matériel de meunerie (meules et broyeurs) et des haches et herminettes.


Le site de Tinakoff daté de 1500 BC possède des tessons de céramique associés à des microlithes et des outils polis (fig.2) et celui d'Oursi daté de 1188 BC contient des restes de petit mil.


La céramique découverte sur le site de Sindou (fig.3) non daté, à l'ouest du pays appartient à certains âges du néolithique. La diversité morphologique et la variété des décors témoignent d'une haute maîtrise des techniques de production céramique. Cette céramique est associée à des haches taillées, épaisses et de forme quadrangulair
e.

Figure 1 : céramique archéologique datée de 2000 av. JC (Breuning & Wotzka - 2000)
Figure 2 : céramique néolithique de Tinakoff datée de 1500 av JC (Nogelsang 1997)
Figure 3 : céramique néolithique de Sindou (Andah 1980)
Cette céramique néolithique très fragmentée et usée a été modelée à partir des différents types d'argile d'abord avec des dégraissants inorganiques puis des dégraissants végétaux. Les récipients obtenus sont généralement de petite taille avec des parois peu épaisses, des formes sphéroïdes ou ovoïdes.

Le décor relativement simple au départ était réalisé à partir des techniques telles que l'impression pivotante au peigne ou l'impression à la roulette que délimitent quelques incisions. Ces techniques décoratives ont perduré au cours du processus de néolithisation tout en s'enrichissant de nouveaux motifs, comme la cannelure, les chevrons, les ponctuations.

L'utilisation de la poterie néolithique à des fins rituelles n'est pas encore prouvée de façon expresse par les données archéologiques. C'est une poterie à dominante domestique.