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LA
POTERIE AU BURKINA FASO |
Les
études archéologiques et ethno-archéologiques
sur l'art céramique sont encore peu nombreuses et éparses.
Une synthèse de l'histoire de la céramique au Burkina
Faso permettant de définir les premiers centres de production
et les divers axes de diffusion reste à établir.
On peut néanmoins esquisser les grands traits de l'histoire
de cet artisanat dont les origines remontent aux cultures pré-néolithiques.
La poterie prénéolithique
Les données archéologiques actuelles situent l'apparition
de la poterie au Burkina Faso dans un contexte prénéolithique,
dépourvu des indices d'une économie de production.
Les datations radio-métriques obtenues sur les sites de
Pentenga, Maadaga et Yobri (fig.1) dans l'extrême Sud Est
du pays en zone de savane remonte à 2000 BC pour les plus
anciennes céramiques associées à des microlithes.
Elles contredisent la thèse diffusionniste de son introduction
à partir du Sahara vers la forêt à travers
le Sahel et la savane.
La
poterie néolithique
La céramique accompagne le processus de néolithisation
dans le Sahel burkinabé. Le second niveau du site RIM (RIM
II) dans le Yatenga daté de 1650 BC contient des fragments
de céramique associés à des céréales
comme le mil (pennisetum), les pois de terre (voandzeia subterranéa),
du matériel de meunerie (meules et broyeurs) et des haches
et herminettes.
Le site de Tinakoff daté de 1500 BC possède des
tessons de céramique associés à des microlithes
et des outils polis (fig.2) et celui d'Oursi daté de 1188
BC contient des restes de petit mil.
La céramique découverte sur le site de Sindou (fig.3)
non daté, à l'ouest du pays appartient à
certains âges du néolithique. La diversité
morphologique et la variété des décors témoignent
d'une haute maîtrise des techniques de production céramique.
Cette céramique est associée à des haches
taillées, épaisses et de forme quadrangulaire.
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Figure 1 :
céramique archéologique datée de 2000 av. JC
(Breuning & Wotzka - 2000) |
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Figure 2 :
céramique néolithique de Tinakoff datée de
1500 av JC (Nogelsang 1997) |
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Figure 3 :
céramique néolithique de Sindou (Andah 1980) |
Cette
céramique néolithique très fragmentée
et usée a été modelée à partir
des différents types d'argile d'abord avec des dégraissants
inorganiques puis des dégraissants végétaux.
Les récipients obtenus sont généralement
de petite taille avec des parois peu épaisses, des formes
sphéroïdes ou ovoïdes.
Le décor relativement simple au départ était
réalisé à partir des techniques telles que
l'impression pivotante au peigne ou l'impression à la roulette
que délimitent quelques incisions. Ces techniques décoratives
ont perduré au cours du processus de néolithisation
tout en s'enrichissant de nouveaux motifs, comme la cannelure,
les chevrons, les ponctuations.
L'utilisation de la poterie néolithique à des fins
rituelles n'est pas encore prouvée de façon expresse
par les données archéologiques. C'est une poterie
à dominante domestique.
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